Écriture

idées courtes #40

Je n’ai jamais connu l’angoisse de la toile blanche, en revanche celle de la toile peinte me poursuit jour et nuit.   *   En cas d’absence, je veille à fermer la porte de l’atelier à double tour. J’ai très peur que l’on ne vole mes pinceaux et mon encre (on me volerait une toile que j’en serais flatté). En […]
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l’atelier des Jusantes (3)

Tout naîtrait donc d’un mouvement, absolument inattendu, jeté soudainement vers la mémoire, vers le sensible, mouvement serré dans le secret d’une tresse de goémon étendue parmi d’autres à la lisière de la côte. Car à l’intérieur sinue une ligne légère : une sorte de réaction au dessèchement, à la fixité, à la mort. Une ligne par laquelle le dessin s’engage, autour […]
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Idées courtes #39

TOUT D’ABORD, TROIS REBONDS   Je ne changerai décidément pas d’avis sur les imbéciles, particulièrement sur ceux qui ont pensé, lorsque j’évoquais un « vieux peintre toujours vert » dans une de mes dernières Idées courtes, que je parlais de moi. C’est proprement idiot : je ne suis pas vieux.   *   Je ne changerai pas non plus d’avis sur […]
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Idées courtes #38

Inquiétude : oublier de ne pas oublier.   *   Avant de se dépasser, encore faudrait-il parvenir à s’atteindre   *   Un vieux peintre toujours vert   *   Le couvre-feu a eu cet avantage : une production en baisse des peintures de couchers de soleil.   *   Une idée à creuser, une autre à reboucher   *   […]
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l’atelier des Jusantes (2)

Ma vie littorale s’organise maintenant autour du dessin des algues, par conséquent de l’arpentement de la côte. Je dois tenir compte de la marée, de son coefficient et de ses horaires, de l’orientation des vents. De la nécessité d’un temps sec. La nature m’impose ses contraintes, une manière, désormais, d’être au monde. D’aucuns diraient que je l’évite, ce monde, mais […]
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L’atelier des Jusantes (1)

Voilà bientôt quatre ans que je fréquente les algues échouées. Que le premier transi a forcé mon regard, l’a retenu. Un corps qui ne flottait plus, qui n’ondulait plus, étendu sur une plage où je ne venais jusqu’alors que pour goûter quelque solitude pensive. Forme sombre sur ocre claire encore humide de l’océan tout juste retiré, surface encore vierge de […]
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